Le point sur la nouvelle vague d’alarmisme et les appels à la régulation de l'IA formulés par les principaux acteurs.
Tout a commencé par le piratage informatique du site Hugging Face par des IA agentiques1 ayant échappé au contrôle d’OpenAI. Rapidement, ses concurrents Méta, Anthropic et le chinois Moonshot AI ont affirmé avoir provoqué des incidents similaires lors des phases de test de leurs propres programmes.
...
Données sensibles
Facturation électronique : « Évitons la catastrophe ! »
TRIBUNE. Alors que les cyberattaques se multiplient, l’État s’apprête à centraliser l’intégralité des données comptables de l’économie française. Une aberration pour Quentin Adam, le PDG de Clever Cloud qui souhaite un moratoire.
Publié le 26 août 2026 à 19h45

Quentin Adam, cocréateur de l'entreprise Clever Cloud. DR
Quentin Adam est cofondateur et PDG de Clever Cloud, entreprise française spécialisée dans l’hébergement et l’automatisation des infrastructures cloud. Cette dernière est passée en quinze ans d’une poignée d’ingénieurs à une centaine de salariés, présente commercialement en Europe et à l’international avec des clients dans 120 pays, et qui opère une dizaine de zones dans le monde.
Alors qu’il s’apprête à débattre lors de la REF (la Rencontre des Entrepreneurs de France, grand rendez-vous de rentrée organisé à Roland-Garros), il y défend un cloud humaniste, où la technique se juge à ce qu’elle fait aux gens : la vie privée traitée comme un droit et pas comme une option payante, des clients qui restent propriétaires de ce qu’ils confient, aucune revente de données ni sous-traitance opaque. Il porte depuis des années les combats de la souveraineté numérique européenne, de la protection des données personnelles et d’une commande publique qui cesse de financer sa propre dépendance.
À lire aussi
Facturation électronique : la grande bascule
Si cette prise de parole tombe à un moment aussi critique, c’est qu’elle percute de plein fouet une actualité alarmante. Les cyberattaques en série qui frappent nos institutions prouvent de manière vertigineuse que la centralisation des données est une faille systémique. L’incapacité de l’État à protéger ses coffres-forts numériques est flagrante : lorsque les bases de l’ANTS fuient, c’est l’identité de millions de citoyens qui se retrouve exposée. Plus glaçant encore, les récents piratages de la Fédération Française de Tir ont eu des répercussions désastreuses dans le monde réel, entraînant des cambriolages très ciblés au domicile de tireurs sportifs pour y dérober des armes.
L’insécurité numérique engendre désormais une violence physique. Alors que l’administration intensifie ses exigences de centralisation fiscale et demande un accès toujours plus fin aux rouages économiques des sociétés, ce décalage devient préoccupant : comment exiger des entreprises qu’elles livrent le cœur de leur modèle d’affaires à des systèmes dont l’étanchéité n’est pas encore garantie ?
Quentin Adam est lauréat de notre Palmarès des inventeurs qui distingue les Françaises et les Français qui s’appuient sur la science pour changer le monde. Nous l’avions interviewé à plusieurs reprises sur la dépendance du stockage de vos données par d’autres acteurs. Un combat pour la souveraineté qu’il résume souvent ainsi : « Le plus grand combat aujourd’hui, ce n’est pas contre les géants du numérique, c’est contre l’idée que nous ne pourrions pas construire une alternative. » Aujourd’hui il s’alarme des cyberattaques à répétition et plaide pour un sursaut technologique européen. Voici sa tribune.
« Le 1er septembre, dans neuf jours, la France commencera à faire transiter la comptabilité de ses entreprises par cent trente opérateurs privés agréés, au terme d’une année où cinq de ses propres fichiers sont tombés.
Février, FICOBA, le fichier national des comptes bancaires, 1,2 million de comptes consultés ; avril, les données d’élèves de l’Éducation nationale, puis le portail de l’ANTS et ses 11,7 millions de comptes ; juillet, les fichiers de personnels de l’Éducation nationale, numéro de sécurité sociale compris ; juin et juillet, la DGFiP, révélé le 14 août, 678 000 dossiers dont 286 000 professionnels. Cinq fois le même mode opératoire, l’usurpation des identifiants d’un agent public (cinq fois, ce n’est plus de la malchance). Et pour la DGFiP, un détail qui devrait tous nous arrêter : les identifiants volés étaient ceux d’un agent ET d’un tiers habilité.
Le 19 août, le Premier ministre écrivait à ses ministres que « peu de ministères sont au niveau requis » et que « ce n’est pas acceptable » (les mots sont de lui, pas de moi). Deux mois plus tôt, la Commission européenne renvoyait la France devant la Cour de justice pour n’avoir toujours pas transposé la directive NIS 2, exigible depuis octobre 2024.
L’État n’ignore pas ses insuffisances, et c’est tout l’intérêt : sa direction interministérielle du numérique doit céder la place à une autorité nouvelle, ARIANE, chargée de reprendre l’architecture technique de ses systèmes. Elle n’existe pas encore, son périmètre se discute toujours, mais le changement de direction de la DINUM montre une vraie volonté de changement, et son premier chantier sera de réparer ce qui vient de céder. On ne branche pas la comptabilité d’un pays sur une gouvernance en chantier.
Nous avons déjà eu cette discussion, en 1974
En mars 1974, Le Monde révélait sous le titre « SAFARI ou la chasse aux Français » un projet d’interconnexion des fichiers de l’État autour d’un identifiant unique : le numéro de sécurité sociale. Le scandale fut tel que Pierre Messmer retira le projet et institua une commission dont sortirent la CNIL et la loi Informatique et Libertés, dont l’article premier tient en une ligne : l’informatique « ne doit porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques ». Ce que la France a compris en 1974, c’est que la centralisation est dangereuse par construction, indépendamment des intentions de celui qui centralise. Cinquante-deux ans plus tard, nous refaisons SAFARI (pas sur les personnes cette fois, sur les entreprises), et personne n’a rien dit. Reste à savoir pourquoi cet enseignement, payé assez cher pour finir dans la loi, ne vaut plus dès qu’il s’agit d’entreprises.
À lire aussi
Piratage : les cinq règles d’or pour protéger vos données
Car voici ce qui remonte. Dès septembre 2026, l’administration reçoit facture par facture l’identité des parties, les montants, la TVA et les données de paiement ; en septembre 2027 s’y ajoute le détail ligne à ligne, dénomination du bien, quantité, prix unitaire. Soyons honnête sur le périmètre (les ventes aux particuliers ne remontent qu’agrégées par jour, sans donnée client). Dans un an, l’État disposera du détail contractuel continu de tous les échanges inter-entreprises réalisés en France.
À qui profite l’information ?
On pose toujours ce débat en termes de vie privée, alors qu’il est de nature économique. Entre entreprises françaises, on s’y est habitué et ça finit par fonctionner : mon concurrent lyonnais connaît mes marges, je connais les siennes, la symétrie amortit le coup. Ça ne veut pas dire que c’est sain, ça veut dire que nous avons appris à vivre avec. Ça devient sérieux à la frontière. Les 125 700 entreprises françaises qui exportent, chiffre record atteint fin 2025, affrontent des concurrents dont elles ne sauront jamais rien : aucune PME américaine non cotée ne publie ses comptes, ni une société suisse, ni une japonaise, et une LLC du Delaware à deux cents millions de dollars de chiffre d’affaires n’adresse à son État qu’un chèque de trois cents dollars. Nous envoyons nos boîtes négocier avec leur bilan agrafé sur le front, face à des gens masqués. Elles sont une minorité, et c’est pourtant d’elles que viendra la croissance qui nous manque. Les fragiliser à ce moment précis n’est pas une maladresse administrative, c’est une décision qui se paiera en parts de marché.
Il y a pire que le concurrent, parce que le concurrent, au moins, fabrique quelque chose. Une étude de la FTC menée sous pouvoir de contrainte sur vingt-deux entités vivant de la seule assertion de brevets établit que le montant qu’elles réclament est calibré EN DESSOUS des frais de justice d’une phase initiale, au niveau exact où il revient moins cher de payer que de se défendre. Management Science montre que la probabilité d’être visé passe de 4,4 % à 17 % quand la trésorerie de la cible augmente d’un écart-type.
À lire aussi
Piratage des données des Français : « Ce n’est que le début »
Que les investisseurs exigent de la visibilité au-dessus d’une certaine taille est légitime, et je ne plaide pas pour l’opacité (une économie sans information est une économie sans financement). Alors que Philippe Aghion vient d’être récompensé par le prix Nobel d’économie pour ses travaux sur l’innovation et la destruction créatrice, exposer gratuitement l’avantage compétitif d’une entreprise à ses concurrents étrangers revient précisément à lui retirer une partie des ressources qui lui permettent d’innover. Chaque million versé pour solder une réclamation sort de l’autofinancement, dans un pays dont la croissance acquise à la mi-année plafonne à 0,5 % : c’est de l’investissement en moins, pas du profit en moins.
Aucune étude n’a jamais testé si la facilité d’accès aux comptes amplifie ce ciblage. Mais une industrie qui choisit ses proies sur leur capacité à payer se prive difficilement d’une base gratuite qui lui donne exactement ça, et la France est le pays où cette base est la moins chère : l’Italie facture 4,50 € le jeu de comptes, l’Allemagne déclare son registre « non éligible à l’open data », quand nous mettons tout en téléchargement quotidien, gratuit et par API.
Quand la France commencera-t-elle à écrire ses lois en regardant ce que fait le reste du monde ? À chaque étape, nous avons décidé entre nous : la publicité des comptes, la gratuité de leur diffusion, maintenant la centralisation du flux. Jamais nous n’avons mesuré ce que ces choix coûtaient à une entreprise française en face d’un concurrent américain qui ne publie rien. Le monde ne s’arrête pas à nos frontières pour attendre que nous ayons fini de délibérer, et une étude d’impact international devrait être un préalable à tout texte touchant à la donnée d’entreprise.
Et la souveraineté, alors ?
Rendons à la DGFiP ce qui lui appartient : son cahier des charges n’est pas une passoire. Les plateformes s’engagent à exploiter leur système d’information depuis l’Union, ISO 27001 est obligatoire, et SecNumCloud est exigé dès lors qu’elles recourent à un hébergeur tiers. C’est juste que ce « dès lors que » vaut de l’or, parce que SecNumCloud est le seul des trois à traiter la souveraineté juridique (entité de droit européen, capitaux européens, immunité aux injonctions extraterritoriales). Celle qui s’héberge elle-même n’a plus à satisfaire qu’à une certification de processus et à une localisation physique, qui n’a jamais empêché de répondre à une réquisition étrangère. Exigence de géographie là où il fallait une exigence de DROIT.
À lire aussi
« L’affaire est majeure » : vu de l’étranger, la France face à une cyberattaque « hors norme »
Ce n’est pas une hypothèse d’école. Le 21 avril dernier, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances numériques de la France, le directeur général adjoint de Bpifrance reconnaissait qu’« un certain nombre de nos services tournent encore sur AWS », six ans après le choix d’Amazon fait dans l’urgence du covid. Bpifrance, c’est-à-dire l’institution qui a distribué 5,15 milliards d’euros d’aides à l’innovation à 5 503 entreprises pour la seule année 2024. Le même dirigeant a eu l’honnêteté d’ajouter que « la localisation en France ou en Europe n’empêche pas l’exercice de l’extraterritorialité ». Aucun calendrier de sortie n’a été rendu public. Ce qui signifie que tous nos projets innovants sont connus de nos concurrents américains… Il faut arrêter l’hémorragie de données stratégique du pays.
On peut combattre la fraude sans tout rassembler
Qu’on ne me dise pas qu’il faut choisir entre la fraude et la sécurité. Le gouvernement a écrit lui-même, le 4 août, que ne pas concentrer les flux nationaux dans un point de passage unique « participe de la stratégie de sécurité ».
Il a raison, et il devrait aller au bout de son raisonnement : décentraliser les tuyaux ne sert à rien si toute la donnée se rassemble à l’arrivée. La fraude à la TVA se combat par le croisement ciblé, l’autoliquidation, le contrôle sur échantillon et les preuves cryptographiques (aucune de ces techniques n’exige un entrepôt national du détail contractuel). L’administration exploite déjà les liasses fiscales de 1,4 million d’entreprises.
Ce que je demande
Un moratoire. Des voix politiques ont demandé la suspension avant moi ; je la demande en chef d’entreprise, ce qui n’est pas la même chose, parce que ces règles, nous les subissons en construisant. Je ne conteste ni l’objectif, ni les trois milliards de recettes attendues. Je demande la suspension de son entrée en vigueur jusqu’à la remise de l’audit que le Premier ministre a commandé à l’ANSSI le 17 août (je ne réclame pas deux ans, je réclame le temps de lire un rapport que l’État a lui-même commandé), puis l’intégration de ses conclusions au cahier des charges des plateformes. On ne coule pas la dalle pendant que le géomètre est sur le terrain.
À lire aussi
Cinq conseils pour réussir sa facturation électronique
Vous allez me dire qu’aucun système de facturation électronique centralisé n’a jamais connu, nulle part, de compromission massive confirmée, et vous aurez raison : le risque dont je parle est structurel, pas statistique, et on ne mesure pas la solidité d’une charpente au nombre de maisons déjà tombées. Il n’est déjà pas simple de faire de l’export depuis la France, il serait utile de nous laisser travailler sereinement.
Reporter n’est pas renoncer. C’est la seule fenêtre que nous aurons pour bâtir ce système comme il aurait dû l’être dès le départ : distribué, fondé sur des preuves plutôt que sur des copies, adossé à une exigence de droit et pas seulement de géographie. La centralisation restera toujours la solution la plus tentante, parce qu’elle est la plus simple à dessiner et la moins chère à court terme. C’est exactement pour ça qu’elle mérite qu’on lui résiste.
En 1974, la France avait su faire preuve de clairvoyance en protégeant les données de ses citoyens. Cinquante ans plus tard, elle gagnerait à faire preuve de la même sagesse à l’égard des données de ses entreprises. »
Everyone is diving headfirst into the AI pool. The problem is they're diving into the shallow end. LLMs are being packed into every nook and crannie, mostly places nobody wanted it or asked for it. I'm going to be taking a baseball bat to LLMs - their hallucinatory nature and the extra instructions we're saddled with we don't get to see.. I'll be showing logs of how they literally talk themselves into lying to you. It's bad. Bring a helmet. Prompt engineering has become harness engineering, and now its "memory and context engineering". Openclaw and now codex are storing local files and 'memories' to try and handle the 'context window problem'. Moltbook has 3 million 'agents'. Openclaw is being used as a c2 now. TeamPCP is infecting every npm package they can with backdoors - weekly at this point! Just in 2026 alone we have more than tripled the number of supply chain bugs in tooling used in the LLM landscape The attack surface is growing so rapidly we can barely keep track of it. This talk will explore all this new attack surface, and cover some of the things you can do about it, and how to avoid the landmines and pitfalls when using LLMs.
Dan Tentler
Dan is the founder of Phobos Group, a boutique information security consulting and architecture firm, specializing in assessment work, security architecture, remediation efforts, advisory and simulation services. Dan's been at this a long time. Come talk to him about Phobos Airlock!
Security Fest is an inspiring and unique IT security conference held in Gothenburg, Sweden. The event is an excellent opportunity to learn more about IT security, and a great way to connect with both the renowned international speakers, and the other attendees.
Contrairement à ce que certains titres racoleurs laissent entendre, Signal n’est pas en cause ici.
Le problème vient bien de iOS. Lorsque les aperçus de notifications sont activés (et ils le sont par défaut), le contenu des messages reçus est stocké en clair dans une base de données locale du système iOS, sur ton téléphone quoi.
Oui : en clair. Pour une marque qui met en avant le côté respect de la vie privée de ses utilisateurices, c’est quand même fort de kawa.
Ces données sont enregistrées dans une base SQLite interne liée aux notifications. Et surtout, elles restent stockées même si
After decades of gluing together software from a random set of libraries and frameworks, industry wide attacks on the software supply chain have proven this approach is unsustainable, and it's time to shift our thinking on how we write and ship software. In this session we will explore the various tools used to secure the software supply chain, and through a collection of live demos, learn how to put them to use in the real world.
Kelsey Hightower
Google, Inc.
As a curious and motivated self-learner, I gained an interest in computing at a young age, and started my IT career by opening a small consulting shop 20 years ago. From those beginnings my career progressed quickly, eventually passing through the halls of Google, Puppet Labs, New Relic and CoreOS. I am a system administrator by trade, a programmer by necessity, but a problem-solver at heart. With a passion for helping others, many successful speaking and teaching engagements under my belt, and a proven track record of getting things done and enabling others, I hope to solve the many problems facing IT culture by equipping people with the mental and computational software they need to succeed in the competitive world of technology.
Free, fast, and offline PDF toolkit for professionals. Edit, convert, and process PDFs entirely in your browser with no data uploads. 100% client-side processing.
The professional PDF toolkit that runs entirely in your browser. Powerful WASM engine, no server uploads, simply secure.
Todo : il y a des bonnes citations à relever